Xavier Niel s'exprime sur les reproches émis à l'intention de Free Mobile
Deux semaines après le lancement de son offre Free Mobile, Xavier Niel s’est exprimé hier, un peu nerveux, devant la commission des Affaires économiques.
Xavier Niel, vice-président et directeur général délégué à la stratégie du groupe Iliad, était auditionné hier par la commission des Affaires économiques, où il a notamment abordé les offres Free Mobile, le développement du réseau ou encore la fermeture de Megaupload…
Free Mobile, des couacs dans la portabilité ?
C’était une évidence, Xavier Niel ne pouvait pas échapper aux différentes controverses auxquelles il a été confronté ces dernières semaines, notamment aux problèmes de synchronisation entre l’envoi de la carte SIM et le transfert du numéro. Erreur qu’il reconnaît : «Nous avons eu des problèmes avec les clients dans le cadre des portabilités de numéro. Ça concerne quelques centaines de SIM qui ont pu se perdre. Ces problèmes sont montés en épingle, et c'est de bonne guerre». Xavier Niel a par ailleurs accordé qu’il s’agissait du «problème majeur» rencontré par le nouvel opérateur, et que la vente de terminaux mobiles sera repoussée tant que les cartes SIM n’auront pas été délivrées.
D’autre part, il estime que l’usage des termes «en bon père de famille», relatifs à la limitation à de l’usage de son forfait, ne lui posait pas de problème et était «encadré par la jurisprudence».
Les députés l’ont également interrogé quant aux critiques émises sur les deux offres de Free, notamment celle limitée à une heure de communication : «Pourquoi le forfait social n'est-il pas un forfait bloqué?» se sont enquéris les députés. Question à laquelle Xavier Niel répond qu’un forfait bloqué l’aurait mis «mal à l’aise», dans la mesure où il ne souhaite pas que les clients Free soient privés de communication. Toutefois, il annonce obtempérer à l’avenir, selon le souhait de ces-derniers. Incertain sur le fameux cap des trois millions d’abonnés, il précise qu’au-delà, ils verront «comment faire évoluer les offres».
Enfin, le vice-président justifie la différence de prix entre Free et les concurrents par le salaire cadres, et le sien « 20 ou 30 fois inférieur à celui de [ses] homologues ».
Le modèle de Free
A ses yeux, l’orientation de Free ne repose pas uniquement sur les bas coûts, mais aussi sur le développement de l’Internet mobile : «Nous inventons un modèle basé sur la data», à savoir les données échangées par internet. Pour promouvoir ce modèle, il reste fortement attaché au fait d'ouvrir l'offre 3G à «tous types de fonctionnement, y compris le peer to peer». «Internet n'est pas uniquement le web et le mail, ce sont tous les usages», a-t-il déclaré, défendant l’impartialité des réseaux.
«Posséder son réseau» est essentiel, selon lui, pour permettre ce type d’usage. Tandis que l’ARCEP compte sur Free Mobile pour couvrir 90% de la population d’ici 2018, le vice-président explique que son objectif était d’atteindre ce seuil le plus rapidement possible, en vue de se dégager enfin du réseau d’un autre opérateur. «On pense sur le long terme que notre seul moyen d'exister est de déployer notre réseau en propre».
Aussi, mille antennes ont déjà été déployées par l'opérateur et 5 000 nouvelles sont en cours de commande. Free Mobile pourra par conséquent accueillir des opérateurs virtuels.
Quant aux critiques l’accusant de ne pas avoir activé toutes ses antennes, Xavier Niel met un point d’honneur à ne pas enrichir les huissiers comme le font certains concurrents, qui «feraient mieux de rendre de l'argent à leurs abonnés», avant de les encourager à poursuivre l’ARCEP s’ils doutent d’elle. Néanmoins, il regrette la « couverture exécrable » à Paris, où Free a pu tirer parti de son partenariat d’itinérance avec Orange.
En vue d’assurer la gestion de son nouveau parc de clients, Xavier Niel explique qu’en dehors des quatre boutiques déjà mises en place, une centaine devrait ouvrir dans les plus grandes villes, notamment à Paris.
Création et blocage des sites Internet
Suite à l’évènement Megaupload, les députés se sont attardés sur la fermeture des sites Internet. Des mesures contraignantes, selon Xavier Niel, qui se sent «gêné» par des lois qui permettent le blocage «sous couvert de lutter contre la pédophilie par exemple». Enfin, il estime que l’intervention d’un juge serait indispensable, comme c’est notamment le cas pour Hadopi.
Quant au financement de la culture par les FAI, mesure défendue par François Hollande, il souligne que «les FAI sont souvent mis à contribution pour financer la création» et pense que le financement doit être «sur le budget général de la France et non pas sur des petites taxes à droite et à gauche».
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